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Difficultés des entreprises : panorama des procédures existantes

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Publié le lundi 22 janvier 2024
Mis à jour le lundi 23 décembre 2024

Les chefs d’entreprise préfèrent généralement éviter d’aborder le sujet de leurs difficultés économiques. Leur engagement dans l'action ne leur laisse pas de temps pour s'intéresser à ce sujet. Pourtant, le faire dès les prémices de difficultés est salutaire et permet d'éviter bien des tracas et nuits blanches.

En effet, des solutions concrètes existent pour prévenir des difficultés naissantes ou pour permettre à une entreprise de se tirer d'une mauvaise situation.

Les juges et les greffes des tribunaux de commerce sont présents pour aider les chefs d’entreprise dans leurs difficultés quotidiennes. Humanité, confidentialité et efficacité sont les maîtres mots de leur action.

Pour mieux connaître les différentes options, nous vous proposons un panorama des mesures existantes en matière de prévention et de traitement des difficultés des entreprises.

 

Anticiper les difficultés de l'entreprise : la prévention

 

Agir tôt, c’est se donner la chance de trouver rapidement des solutions. Plusieurs mesures de prévention existent.

 

Discuter de vos difficultés : l'entretien de prévention

 

Le président du tribunal de commerce joue un rôle important dans la prévention des difficultés des entreprises.

Ainsi, le chef d’entreprise peut lui demander un entretien visant à exposer ses difficultés et à trouver des pistes de solutions. Pour ce faire, un simple mail suffit. 
Le président peut, à l'inverse, l’inviter à un entretien de prévention similaire.

Dans le but de préparer au mieux cet entretien, n’hésitez pas à utiliser notre formulaire d’auto diagnostic complet. 

 

Bénéficier de l’appui  d'un spécialiste : le mandat ad hoc

 

Le président du tribunal de commerce peut désigner un mandataire ad hoc, à la demande du chef d’entreprise. 
C’est un expert du traitement des difficultés des entreprises. Sa mission consiste à rechercher les meilleures solutions pour son rétablissement.

Un formulaire de demande est disponible.

 

Trouver un accord avec les créanciers : la conciliation

 

La procédure de conciliation a pour but de trouver un accord amiable avec les créanciers de l’entreprise. Cela est fait avec le concours d’un expert (le conciliateur), nommé par le tribunal de commerce.
Elle peut être demandée même si les difficultés ne se sont pas encore matérialisées. Il s'agit donc un outil clé d’anticipation.

Un formulaire de demande spécifique est également à votre disposition pour engager la procédure.

 


Remonter la pente : la sauvegarde et le redressement

 

À ce stade, les difficultés de l’entreprise sont avérées et sérieuses. Des procédures existent pour l’aider à se rétablir.
 

Zoom sur la cessation des paiements

 

L’article L631-1 du Code de commerce définit la cessation des paiements comme l’impossibilité pour l’entreprise de faire face au passif exigible avec son actif disponible.
 

Certains termes doivent être précisés : 
- le passif exigible représente toutes les dettes arrivées à échéance, même non réclamées ;
- l’actif disponible représente les moyens de financement habituels de l’entreprise.

Les tribunaux de commerce fixent la date de la cessation des paiements.

 

À savoir : l’ouverture d’une procédure de redressement ou de conciliation doit être demandée dans les 45 jours à compter de cette date, à peine de sanctions. 

 

Réorganiser l'entreprise : la procédure de sauvegarde

 

Cette procédure est demandée par le chef d’entreprise. Elle est plus incitative que coercitive, dans la mesure où ce dernier conserve nombre de ses pouvoirs.

L’entreprise n’est pas en cessation des paiements au moment de la demande, mais elle doit connaître des difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter. Le tribunal décide de l’ouverture de la procédure. Les dettes de l’entreprise antérieures au jugement d’ouverture sont gelées.

Son but est triple : 
- poursuivre l’activité de l’entreprise ;
- payer les créanciers ;
- maintenir l’emploi.

Plusieurs étapes se succèdent :
- Une période d’observation qui permet de faire un point sur la situation de l’entreprise. 
- L’adoption d’un plan de sauvegarde si cela est possible, ou le passage en redressement voire en liquidation judiciaire.

 

Poursuivre l'activité : le redressement judiciaire

 

Le redressement judiciaire intervient lorsque l’entreprise se trouve en cessation des paiements. Il peut être demandé par plusieurs acteurs, dont le chef d’entreprise.

La procédure de redressement comporte des étapes similaires à celle de la procédure de sauvegarde.

Ceci étant, la procédure peut être plus coercitive. Le chef d’entreprise est privé de nombre de ses pouvoirs sur l’entreprise, au profit d’acteurs externes tels que le mandataire ou l’administrateur judiciaire.
Les dettes de l’entreprise antérieures au jugement d’ouverture sont gelées.

En fonction de la situation de l’entreprise, un plan de redressement ou une liquidation judiciaire est mis en place.

Pour plus d’informations sur ces diverses procédures et pour éventuellement les mettre en œuvre, rendez-vous sur le tribunal digital.

 

Rebondir après un échec : la liquidation et le rétablissement professionnel
 

 

À ce stade, la pérennité de l’activité est gravement compromise. Il faut envisager une liquidation ou un rétablissement professionnel. Mais l’histoire ne s’arrête pas là et on peut apprendre de ses erreurs.

 

Acter la cessation de l'activité de l'entreprise : la liquidation

 

La liquidation judiciaire s’applique lorsque l’entreprise est en état de cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible.

Elle peut être demandée par différents acteurs, dont le chef d’entreprise.

Ce dernier est dessaisi de ses pouvoirs de gestion, et ne peut plus disposer de ses actifs, au profit d’un liquidateur qui défend les intérêts des créanciers.

Un juge commissaire est nommé pour suivre le bon déroulement de la procédure, qui se termine par une clôture de liquidation signifiant la fin de l’entreprise en tant que personne morale (à l'exclusion des Entrepreneurs Individuels). 

Comme pour le redressement ou la sauvegarde, les dettes de l’entreprise antérieures au jugement d’ouverture sont gelées.

 

Rebondir pour l'avenir : le rétablissement professionnel

 

Cette procédure vise uniquement les entrepreneurs individuels (EIRL ou forme micro). Les sociétés sont exclues du dispositif. Elle permet à l’entreprise d’éviter la liquidation judiciaire et de rebondir plus rapidement.

Elle est possible sous certaines conditions.

Un gel des dettes de l’entreprise au jour de l’ouverture de la procédure est prévu.

La procédure donne lieu à un jugement de clôture permettant l’effacement des créances signalées au mandataire judiciaire.

Toutefois, le chef d’entreprise n’est pas dessaisi de ses pouvoirs sur l’entreprise et sur ses actifs.

 

À retenir


● Il ne faut pas attendre pour agir en cas de difficultés. Des mesures préventives existent. Elles sont d’autant plus efficaces qu’elles sont mises en place tôt.
● En cas de difficultés avérées, des procédures telles que la sauvegarde ou le redressement judiciaire peuvent permettre de remédier à la situation.
● Enfin, une fois un échec acté et selon la situation, la liquidation ou le rétablissement professionnel peuvent permettre de rebondir pour l’avenir. 

 

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Actualités
[Panorama de l’entrepreneuriat – Juillet 2026] : les créations progressent, les radiations restent sous surveillance

58 431 entreprises ont été immatriculées en juillet 2026, soit une hausse de 6,2 % sur un an. Dans le même temps, 38 420 entreprises ont été radiées, en léger recul de 1,9 %. Les ouvertures de procédures collectives diminuent également, avec 5 272 entreprises concernées, soit 5,8 % de moins qu’en juillet 2025. Après un mois de juin marqué par une forte progression simultanée des immatriculations et des radiations, juillet présente donc un visage différent : la dynamique entrepreneuriale reste positive, tandis que les sorties du registre et les procédures collectives ralentissent.Des créations toujours dynamiques, mais concentrées dans quelques secteursAvec 58 431 immatriculations, les créations d’entreprises progressent dans plusieurs secteurs. Les activités spécialisées, scientifiques et techniques arrivent en tête avec 10 463 immatriculations, soit +69,3 % sur un an. L’information et la communication affiche également une forte progression, à +53,2 %.Les transports et l’entreposage enregistrent pour leur part 6 462 immatriculations, en hausse de 27,3 %.À l’inverse, certains secteurs connaissent un net ralentissement :

  • Hébergement et restauration : 2 322 immatriculations, -32,5 %
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Le commerce et la réparation automobile restent toutefois l’un des principaux moteurs en volume, avec 10 101 nouvelles immatriculations, soit 17,3 % du total. Radiations : le commerce concentre toujours le plus grand nombre de sortiesLes radiations diminuent légèrement en juillet, mais leur répartition par secteur permet de mieux comprendre les mouvements du tissu entrepreneurial.Le commerce et la réparation automobile arrivent largement en tête avec 7 683 radiations, soit 20 % de l’ensemble. Les activités immobilières suivent avec 6 647 radiations, devant la construction avec 3 350 radiations.Quelques évolutions méritent particulièrement l’attention :

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  • Activités spécialisées, scientifiques et techniques : 3 031, +10,5 % 

Ces chiffres montrent surtout que la baisse globale des radiations ne se traduit pas de la même manière selon les activités. Certains secteurs voient les radiations progresser alors que d’autres enregistrent un recul marqué. Une autre évolution notable : moins de radiations d’officeLa baisse des radiations s’accompagne d’un changement dans leurs motifs.Les radiations à la suite d’une procédure collective restent le premier motif identifié, avec 13 569 cas, soit 35,5 % du total, en hausse de 10,6 % sur un an. Les radiations volontaires représentent quant à elles 30,3 % des sorties, avec 11 557 cas. En revanche, les radiations d’office reculent fortement : -40,7 %, avec 8 760 cas. Leur poids dans l’ensemble des radiations passe ainsi à 22,9 %, soit 14,8 points de moins qu’un an auparavant. Cette évolution contribue à distinguer juillet des mois précédents : la diminution du nombre total de radiations s’accompagne surtout d'un net recul des radiations d’office.Les difficultés des entreprises reculent, mais pas partoutEn juillet, 5 272 entreprises ont fait l’objet de l’ouverture d’une procédure collective, soit une baisse de 5,8 % par rapport à juillet 2025. Derrière cette évolution nationale, les situations diffèrent selon les territoires.

L’Île-de-France reste la région qui concentre le plus de procédures, avec 1 104 ouvertures, soit 20,9 % du total. Elle est toutefois en léger recul de 1,3 % sur un an.

À l’inverse, certaines régions enregistrent une progression :

  • Pays de la Loire : +17,1 %, avec 376 procédures
  • Bretagne : +15,9 %, avec 204 procédures
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur : +3,6 %, avec 579 procédures

À l’opposé, les baisses les plus marquées concernent notamment la Nouvelle-Aquitaine (-26,7 %), le Grand Est (-24,3 %) et la Normandie (-19,1 %). La nature des procédures apporte un autre éclairage : 3 291 liquidations judiciaires, soit -19,1 %, contre 1 710 redressements judiciaires, en hausse de 26,4 %. Les procédures de sauvegarde atteignent 132 cas (+0,8 %). 

Une baisse globale des difficultés d’entreprise, donc, mais une évolution qui reste contrastée selon les territoires et la nature des procédures.Un mois de juillet marqué par un ralentissement des radiationsAu total, les données de juillet dessinent un tableau plus équilibré que celui observé en juin.Mais les écarts entre secteurs restent importants. Les activités spécialisées, scientifiques et techniques ou encore l’information-communication affichent une forte dynamique à la création, tandis que le commerce concentre toujours le plus grand nombre de radiations. Dans le même temps, la forte progression des redressements judiciaires mérite d’être suivie dans les prochains mois.Juillet apporte donc quelques signaux d’accalmie, sans effacer les disparités qui continuent de traverser le tissu entrepreneurial français.Données sur la période du 1er juillet au 31 juillet 2026 comparées à la même période en 2025.Périmètre : France y compris les DROM, hors Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle.Sources : Infogreffe et Greffes des tribunaux de commerce.

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