Perte de la moitié du capital social
La perte de la moitié du capital social est une situation particulièrement difficile pour une société, à plusieurs titres : coup dur financier, perte de crédibilité auprès des tiers, respect des procédures et formalités légales, décisions capitales à prendre rapidement…
Pour tout comprendre de la situation d’une société en cas de perte de la moitié de son capital social, suivez le guide.
Définition : perte de la moitié du capital social
Les notions de perte de la moitié du capital social et de capitaux propres nécessitent d’être précisément définies.
La perte de la moitié du capital social d ésigne la situation dans laquelle « du fait des pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres de la société deviennent inférieurs à la moitié du capital social ». Il s’agit d’une notion d’ordre public qui revêt une importance majeure dans la mesure où elle traduit la situation financière réelle de la société ainsi que sa capacité théorique à faire face à ses engagements. À cette fin, doit être pris en compte le montant nominal du capital social :
- qu'il soit libéré ou non ;
- qu’il soit amorti ou non ;
- existant à la date de clôture de l’exercice laissant apparaître la perte et non à la date de l'approbation des comptes ou de la première consultation des associés sur la situation de la société.
Les capitaux propres correspondent à “la somme algébrique des apports, des écarts de réévaluation, des bénéfices autres que ceux pour lesquels une décision de distribution est intervenue, des pertes, des subventions d'investissement et des provisions réglementées”.
Ils doivent être déterminés avec exactitude, en prenant soin d’écarter les éléments qui en sont exclus. C’est notamment le cas des prêts participatifs, bien qu’ils soient assimilés à des fonds propres, et des avances conditionnées figurant à la rubrique “autres fonds propres”.
Exemple :
Le capital social de la société A est d’un montant de 5 000 euros, et :
- cette société a enregistré des pertes à hauteur de 8 000 euros ;
- ses réserves s'élèvent à 2 000 euros ;
- ses bénéfices des exercices antérieurs non distribués atteignent 2 000 euros ;
- ses provisions réglementées sont de 1 000 euros.
En l’espèce, le montant des capitaux propres de la société A s’élève à 2 000 euros.
[(capital social de 5000 € + réserves de 2000 € + bénéfices des exercices antérieurs non distribués de 2000 € + provisions réglementées de 1 000€) - les pertes de 8000 €]
Or, la moitié du capital social de la société A est de 2 500 euros.
[capital social de 5 000 €/2]
Donc, en l’espèce, les capitaux propres de la société A sont inférieurs à la moitié du capital social.
[capitaux propres de 2 000 euros < moitié du capital social de 2 500 euros]
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Perte de la moitié du capital social : quelle procédure ?
La perte de la moitié du capital social entraîne l’application d’une procédure particulière à l’égard de diverses formes juridiques de sociétés, qui se justifie dans la mesure où la perte de l’actif est un signe alarmant concernant la santé financière de l’entreprise. Cette procédure implique notamment la consultation des associés.
Les statuts juridiques des sociétés concernées par la procédure liée à la perte de la moitié du capital social sont les suivants :
- société à responsabilité limitée (SARL)
- entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) ;
- société anonyme (SA) ;
- société en commandite par actions (SCA) ;
- société par actions simplifiée (SAS) ;
- société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU).
La procédure en cas de perte de la moitié du capital social de la société prévoit la consultation obligatoire des associés. Elle comporte plusieurs étapes :
- la consultation des associés ou actionnaires dans un délai de quatre mois suivant l’approbation des comptes démontrant les pertes ;
- la décision des associés ou actionnaires de poursuivre ou de dissoudre la société ;
- l’accomplissement des formalités de publicité ;
- le dépôt de la décision au greffe du Tribunal de commerce ;
- si l’activité est poursuivie, la reconstitution des capitaux propres de la société dans un délai de deux ans.
